NEGOCIATIONS DU 6 OCTOBRE 2009
L'invitation du Groupe international de contact (GIC) dont l'Union africaine, à reprendre les négociations politiques le 6 octobre prochain, à Antananarivo, suscite les réactions des membres de la Haute autorités de la Transition (HAT).
René Rasolofo
Président de la commission communication au sein de la HAT
« Ce sont les membres du GIC qui entretiennent la crise »
« Je pense que les négociations à Madagascar ont été basées, depuis le début, sur un faux départ. Les solutions émises ont été erronées car nous devions savoir qu’il ne suffit pas tout simplement de consulter les quatre mouvances pour résoudre la crise. Aucun consensus ne peut être atteint du moment qu’une mouvance fait de l'opposition. Nous savons tous que les chefs de files ne pouvaient s’entendre sur certains points.
Madagascar est une terre sainte, les solutions à ses problèmes se trouvent ici. Et de la même manière, les problèmes doivent se résoudre entre Malgaches. Et je pense même que ce sont les membres du GIC qui entretiennent la crise en fermant la porte à toute discussion concernant les résolutions de Maputo, quand ils ont affirmé qu’ils sont « les seuls gardiens des interprétations sur les Accords de Maputo ».
Quant à la question des sanctions, Madagascar a trop longtemps subi les sanctions infligées par les anciens régimes qui se sont succédés et celles de la Communauté internationale pour ne parler que des dettes endossées par la population mais utilisées à des fins personnelles par les dirigeants. Il n’y a pas une plus grande sanction que cela ».

Pierre Andrianantenaina Membre de la HAT
« Madagascar est un pays souverain et indépendant »
« L’Union Africaine a effectivement annoncé une sanction à l’encontre du pays dans son communiqué en date du 18 septembre, en considérant que la crise actuelle est dans une impasse. Mais ne serait-il pas plus sage de se demander quelle sorte de sanction va t-on appliquer ? D’abord, s’agit-il d’une sanction économique, alors nous n’en serons pas les seules victimes. Cette organisation a-t-elle conscience de la conséquence qu’une telle mesure pourrait engendrer sur les partenaires internationaux qui investissent à Madagascar ?
D’autre part, s’il s’agit d’une mesure diplomatique, je dis que Madagascar est un pays souverain et indépendant. Je ne dis pas que nous devons couper le pont entre le pays et les représentations actuelles, mais je pense que le moment est venu de s’ouvrir à d’autres pays émergents tels que les pays arabes et ceux d’Amérique latine qui ne demandent qu’à être consultés et qui ne reconnaissent que le pouvoir de Transition à Madagascar. Je pense que le Président Andry Rajoelina a fait l’effort de respecter les accords signés à Maputo, contrairement à d’autres ».

Benjamina Ramarcel Ramanantsoa Président de la Commission Relations Internationales-HAT
« Pourquoi veut-on punir une population qui a soif de changement ? »
« Il est normal que l’Union africaine et le Groupe International de Contacts (GIC) veuillent poursuivre les négociations et les médiations à Madagascar car cela entre dans le processus de la résolution des conflits et des crises sur le Continent. Il est indéniable qu’il y a une crise à Madagascar. Mais on doit se demander si les dialogues ont pris compte de la voix du peuple malgache.
Le fait est que l’application des accords de Maputo devait conduire à la résolution de la crise. Si l’on se réfère à l’Article 44 de la charte de la Transition selon laquelle « les autres mouvances peuvent adhérer à la Transition », le gouvernement actuel est bel et bien consensuel et inclusif. Mais il faut également reconnaître que c’est la mouvance de Andry Rajoelina qui est celle qui a conduit le mouvement de changement. D’ailleurs, je pense que la configuration des mouvances doit être revue car un principe égalitaire ne peut être envisagé du moment que la mouvance Rajoelina doit être majoritaire dans le processus de Transition.
Quant à la question de sanctions, il faut savoir d’abord que celles-ci doivent être graduées. Madagascar n’est pas encore arrivée au stade où les négociations sont impossibles. Donc nous avons les moyens d’éviter les sanctions. Vu que Madagascar est un pays uni, avec un régime et une administration unique, aucun pays ni aucune personnalité ne peut en tirer profit d’une éventuelle sanction. Et si on part du principe de l’Organisation des Nations Unies (ONU), celle-ci a toujours prôné la bonne gouvernance et a toujours condamné la dictature partout dans le monde et surtout dans le Continent.
Mais pourquoi cette organisation n’a-t-elle pas sanctionné le pays au temps de l’ancien président pendant lequel une mauvaise gouvernance était flagrante ? Et pourquoi maintenant veut-on punir la population qui a soif de changement et qui veut mettre fin à la dictature ? |